anciens-dirigeants-libresSociété / Faits Divers 

Ciment et terrorisme : liberté sous caution pour deux ex-dirigeants de Lafarge

Dans une affaire retentissante qui a secoué le monde des affaires et la justice française, deux ex-hauts responsables du géant du ciment se retrouvent en liberté surveillée. Leur groupe avait été reconnu coupable d’avoir alimenté financièrement des organisations djihadistes en zone de conflit syrien.

Une mise en liberté sous surveillance stricte

La cour d’appel de Paris a décidé de placer Bruno Lafont et Christian Herrault sous contrôle judiciaire. L’ancien PDG, âgé de 69 ans, et l’ex-directeur général adjoint, 75 ans, peuvent ainsi quitter les murs de la prison.

Les magistrats ont estimé que la détention provisoire n’était « pas le moyen indispensable ». Ils ont notamment pris en compte le « choc carcéral » subi par les deux hommes d’affaires.

Des garanties financières importantes

Cette liberté n’est toutefois pas sans contraintes. Bruno Lafont doit verser une caution de 100 000 euros, tandis que Christian Herrault devra s’acquitter de 90 000 euros. Le règlement de ces sommes doit intervenir avant le 2 juillet.

Les deux anciens dirigeants se voient également interdire de quitter le territoire français. Curieusement, aucune interdiction de se rencontrer n’a été imposée par la justice.

Des condamnations lourdes en première instance

Le 13 avril dernier, le tribunal correctionnel de Paris avait prononcé des peines particulièrement sévères. Six années de prison pour l’ex-PDG et cinq ans pour son ancien adjoint avaient été décidées par les juges.

Cette décision de justice sanctionnait des agissements graves survenus dans un contexte géopolitique extrêmement sensible.

Millions d’euros versés aux groupes armés

Entre 2013 et 2014, près de 5,6 millions d’euros ont transité vers des groupes djihadistes. Ces versements étaient orchestrés par Lafarge Cement Syria, la filiale locale du groupe.

L’objectif était de maintenir coûte que coûte l’activité d’une cimenterie implantée en territoire syrien, malgré la guerre civile qui ravageait le pays.

Des sanctions financières considérables

Au-delà des peines d’emprisonnement, la justice a prononcé des sanctions pécuniaires massives. Lafarge et quatre de ses anciens cadres devront régler solidairement une amende douanière de 4,57 millions d’euros.

S’y ajoute une amende maximale de 1,125 million d’euros. L’ensemble des prévenus, entreprise comprise, a décidé de contester ces condamnations en faisant appel.

Articles similaires