Chessy condamnée : 6000 euros pour un mariage refusé
Le refus d’un élu de célébrer une union peut coûter cher. Une affaire qui soulève des questions juridiques complexes vient de connaître son épilogue devant la justice, après plusieurs mois de rebondissements. La décision rendue illustre la tension entre prérogatives municipales et obligations légales en matière d’état civil.
Une sanction financière contre la municipalité
Mercredi 24 juin, la commune de Chessy a été condamnée à verser une astreinte de 6 000 euros. Cette sanction fait suite au refus d’unir deux personnes souhaitant se marier : une Finlandaise âgée de 50 ans et un Algérien de 40 ans.
Le blocage initial provenait d’une OQTF antérieure qui concernait le futur époux. Cette obligation de quitter le territoire français avait motivé la décision de l’ancien édile, Olivier Bourjot (DVD), de ne pas publier les bans.
Des soupçons de mariage de complaisance
L’ex-maire avait justifié sa position en invoquant des doutes sur l’authenticité du projet matrimonial. Il suspectait un mariage arrangé, ce qui l’avait conduit à refuser d’entamer les démarches administratives.
Mais la justice n’a pas validé cette interprétation. Plusieurs décisions ont successivement donné raison au couple, soulignant que l’OQTF n’était plus en vigueur au moment de leur demande.
Une démission avortée
Face aux injonctions judiciaires, l’ancien maire et ses adjoints avaient annoncé leur démission collective. Cette stratégie visait à éviter de procéder à la cérémonie.
Toutefois, la préfecture de Seine-et-Marne a rejeté cette tentative de contournement. L’union a finalement été célébrée le 11 avril dernier par le nouveau maire, Cyril Marsaud (DVD).
Un débat qui dépasse les frontières communales
L’affaire a pris une dimension nationale. Le jeudi 25 juin, un débat a été ouvert à l’Assemblée nationale concernant les mariages impliquant des personnes en situation irrégulière.
L’avocat de la ville a commenté la condamnation : « C’était hélas prévisible. La balle est dans le camp du législateur. Il y a la possibilité de rattraper le coup demain puisqu’il y a l’unanimité sur le fait de changer la loi ».
D’autres élus dans le viseur
Cette affaire n’est pas isolée. Robert Ménard, maire de Béziers, sera jugé en septembre pour un refus similaire. Les sanctions encourues sont particulièrement lourdes.
L’édile risque une peine d’inéligibilité, jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Cette perspective illustre la gravité avec laquelle la justice traite ces manquements aux obligations d’état civil.

