Catastrophe environnementale : 400 000 litres d’eau polluée dans le Rhône
La situation environnementale prend une tournure alarmante dans les Bouches-du-Rhône. Une pollution massive du fleuve interroge sur la gestion des sites industriels classés Seveso en déroute financière. Les défaillances administratives et judiciaires s’accumulent face à l’urgence écologique.
Une contamination majeure révélée par les syndicats
La CGT a diffusé une vidéo mettant en lumière une fuite importante d’eau contaminée sur le site de production de pâte à papier de Tarascon. Les images montrent l’ampleur d’une pollution qui ne fait plus aucun doute.
Entre le 3 et le 6 septembre, ce sont près de 400 000 litres d’eau polluée qui se sont déversés directement dans le Rhône. Cette quantité considérable représente une menace sérieuse pour l’écosystème fluvial et les populations riveraines.
Un site Seveso livré à l’abandon
L’installation industrielle concernée fait l’objet d’une liquidation judiciaire et bénéficie d’une classification Seveso en raison de sa dangerosité. Selon le syndicat, l’État aurait failli à ses responsabilités de surveillance.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, n’a pas hésité à qualifier la situation de « catastrophe environnementale ». Une déclaration qui traduit la gravité exceptionnelle de cet incident industriel.
Le liquidateur refuse d’obéir au préfet
La complexité juridique de cette affaire atteint des sommets inquiétants. Le liquidateur judiciaire refuse catégoriquement d’exécuter la réquisition émise par l’autorité préfectorale pour contenir la pollution.
Cette insubordination administrative pose la question des moyens réels dont disposent les pouvoirs publics face aux défaillances d’entreprises en liquidation gérant des installations dangereuses.
Le groupe Fibre Excellence face à ses difficultés
L’entreprise propriétaire du site de Tarascon n’en est pas à sa première déconvenue. Fibre Excellence exploite également une usine à Saint-Gaudens, actuellement placée en redressement judiciaire depuis avril 2026.
Le 8 septembre, le tribunal de commerce de Toulouse a autorisé la poursuite de l’activité pendant trois mois supplémentaires. Cette décision temporaire vise à maintenir l’outil industriel en attendant une solution pérenne.
L’avenir incertain d’un industriel en difficulté
Les autorités judiciaires doivent trancher définitivement d’ici le 15 septembre sur le sort de l’usine haut-garonnaise. Les recherches se poursuivent activement pour identifier un repreneur potentiel capable de sauver l’activité et les emplois.
La multiplication des difficultés financières dans le secteur de la pâte à papier soulève des interrogations sur la viabilité économique de cette industrie en France et sur la sécurisation environnementale de ses installations.

