Bezannes : le maire impose les guirlandes et les décorations kitsch pour sauver Noël
Dans une commune marnaise en pleine expansion, un édit municipal décalé vient égayer la fin d’année. Pour la quatrième année consécutive, le maire de Bezannes près de Reims a sorti sa plume humoristique, signant un arrêté festif qui impose aux habitants de cultiver l’esprit de Noël. Une initiative qui fait sourire la grande majorité des administrés.
Un arrêté municipal qui impose la magie de Noël
Dominique Potar, premier édile de Bezannes, n’y va pas par quatre chemins dans son dernier arrêté municipal « relatif à la préservation de la magie de Noël ». Le texte, fruit d’une réflexion de plus d’un mois, impose plusieurs obligations aux habitants de cette commune de la Marne.
Première obligation : chaque maison et commerce doit arborer au minimum une guirlande lumineuse, « clignotante de préférence, sinon c’est triste ». Les décorations kitsch sont également de mise, puisque l’arrêté exige l’installation d’un « élément kitsch assumé » – qu’il s’agisse d’un renne gonflable, d’un bonhomme de neige en chaussettes ou d’un lutin en pâte à modeler.
La politique est également bannie des tables familiales, du moins entre le plat et le dessert. Et gare aux récalcitrants : l’arrêté prévoit des sanctions, précisant même que « tout recours contre l’arrêté est interdit » – une clause dont le maire s’amuse particulièrement.
Une tradition qui s’installe à Bezannes
Cette initiative s’inscrit dans une série d’arrêtés festifs désormais attendus par les habitants. Les années précédentes, le maire avait déjà autorisé le survol de la commune par le traîneau du Père Noël, son stationnement sur les toits le 24 décembre, ou encore la circulation des lutins dans les rues.
Un maire qui cultive l’humour
« Je dis toujours que je suis sérieux mais qu’il ne faut pas que l’on se prenne au sérieux », explique Dominique Potar qui voit dans ces arrêtés un moyen d’alléger l’atmosphère en période de fêtes. Son objectif? « Sortir de la morosité ambiante » et permettre aux habitants « d’oublier un petit peu, ne serait-ce qu’un instant en lisant ces arrêtés, les problématiques personnelles, nationales, internationales ».
Le maire reconnaît toutefois que la fonction lui impose parfois des contraintes : « La fonction m’oblige à avoir une certaine tenue », admet-il, notamment lorsqu’il s’agissait de respecter son propre arrêté sur le port obligatoire du pull moche de Noël.
Une commune conquise par l’initiative
Dans cette ville qui est passée de 1 500 habitants il y a quinze ans à presque 6 000 aujourd’hui, les arrêtés du maire rencontrent un franc succès. Les habitants « attendent un peu avec impatience cette facétie » chaque année, affirme l’élu.
Si quelques « grognons » se manifestent parfois, ils sont très rares selon le maire. « Il n’y a pas de Grinch » à Bezannes, assure-t-il avec humour, en référence au personnage qui déteste Noël.
L’exemple fait des émules
Le succès est tel que d’autres communes ont même « gentiment plagié » les arrêtés bezannais, reprenant parfois intégralement le texte. Une forme de reconnaissance pour ces initiatives qui dépassent désormais les frontières communales.
En interne, la mairie prévoit même d’organiser un concours du plus beau pull moche et de la plus belle décoration de Noël dans ses bureaux, preuve que l’esprit festif touche aussi l’administration.
L’esprit de Noël avant tout
À ceux qui verraient dans ces arrêtés une manœuvre électoraliste à quelques mois des municipales de mars, le maire répond catégoriquement : « Il n’y a aucune arrière-pensée électoraliste. » Ces initiatives sont avant tout personnelles et destinées à « sortir des tracas quotidiens, et pour partager un petit peu de bonne humeur aux habitants ».
Et pour conclure sur une note d’authenticité, Dominique Potar affirme avec conviction : « Je crois toujours au père Noël ! » Une façon de rappeler que ces arrêtés visent avant tout à préserver l’innocence et la magie des fêtes de fin d’année.

