Beuvrages : canicule fatale pour deux jumelles, les parents incarcérés
Un drame familial secoue la commune de Beuvrages, dans le département du Nord. Deux petites filles jumelles ont perdu la vie dans des circonstances dramatiques qui ont conduit leurs parents devant la justice. Les températures caniculaires de fin juin ont servi de toile de fond à ce tragique événement.
Une découverte macabre en pleine canicule
Le lundi 29 juin 2026, les secours découvrent deux fillettes de 15 mois sans vie dans leur domicile familial. Les jumelles sont retrouvées inanimées dans leurs lits respectifs, alors que le territoire connaît un épisode caniculaire intense.
Cette journée particulièrement étouffante intervient alors que la région fait face à une vigilance rouge canicule, mesure exceptionnelle qui restera en vigueur jusqu’au samedi suivant. Le contexte climatique extrême a joué un rôle central dans cette tragédie.
L’autopsie révèle une mort par déshydratation
Dès le mardi 30 juin, une autopsie est pratiquée sur les corps des deux victimes. Les résultats médico-légaux ne laissent aucune place au doute sur les causes du décès.
Selon la procureure Christelle Dumont, les analyses ont conclu « à un décès par déshydratation des fillettes, relevant, par ailleurs, une insuffisance pondérale ». Ces conclusions établissent que les jumelles souffraient également d’un poids insuffisant pour leur âge.
Quatre autres enfants hospitalisés en urgence
La découverte macabre ne s’arrête pas aux deux jumelles. Le couple a quatre autres enfants, âgés de deux ans et demi à six ans, qui ont tous été immédiatement pris en charge.
Ces fratries présentaient également des signes de déshydratation nécessitant une hospitalisation. L’état de l’un d’eux était si préoccupant qu’un héliportage en urgence a dû être organisé pour lui sauver la vie.
Heureusement, les jours de ces quatre enfants ne sont plus en danger, bien qu’ils demeurent hospitalisés. Ils ont été placés sous la protection du service de l’aide sociale à l’enfance.
Les parents mis en examen et incarcérés
Interpellés dès le lundi après-midi, l’homme de 35 ans et la femme de 32 ans ont été placés en garde à vue immédiatement après la découverte des corps. Le jeudi 2 juillet, leur situation judiciaire s’aggrave considérablement.
Le couple est mis en examen pour privation de soins suivie de mort et écroué. Cette qualification pénale les expose à une peine maximale de 30 ans de réclusion criminelle.
La défense du père clame son incompréhension
Maître Babouri, avocat du père, a exprimé l’état d’esprit de son client auprès de France 3 Hauts-de-France. Le conseil décrit un homme profondément affecté par les événements.
« Il est anéanti, totalement anéanti, du drame. Il ne s’explique pas cette situation. C’est quelqu’un qui n’a pas de carence, qui travaille et qui est parfaitement inséré », a déclaré l’avocat, tentant de dresser le portrait d’un père de famille apparemment sans histoire.
Une famille inconnue des services sociaux
Le parquet de Valenciennes a communiqué des informations supplémentaires qui interrogent sur les signaux d’alerte manqués. Cette famille nombreuse évoluait en dehors du radar des institutions.
Aucun suivi social n’était en place : la famille ne faisait pas l’objet d’un suivi en assistance éducative par un juge des enfants. Plus surprenant encore, elle n’avait jamais été signalée au parquet.
Cette absence totale de vigilance institutionnelle soulève des questions sur les mécanismes de détection des situations à risque, particulièrement pour les familles nombreuses avec de jeunes enfants.

