Arrêté 4 mois avant la prescription : la fin de 26 ans de cavale
Une traque judiciaire de plus d’un quart de siècle s’est achevée en juin dernier en Espagne. Un homme de 65 ans, condamné pour une attaque spectaculaire de fourgon blindé, a été interpellé in extremis. Son arrestation intervient quelques mois seulement avant que les faits ne tombent dans l’oubli juridique.
Ce fugitif, qualifié de « braqueur professionnel » par le tribunal, comparaît aujourd’hui devant la justice française. Entre remords affichés et demande de libération, l’homme tente de tourner la page d’un passé criminel qui l’a poursuivi pendant des décennies.
Une attaque sanglante qui a marqué les esprits
L’affaire remonte à 1997, à Vendargues dans l’Hérault. Dominique Delattre et ses complices s’en prennent alors à un fourgon Brinks dans des conditions d’une extrême violence. Huit coups de feu retentissent lors de l’assaut.
Le bilan est lourd : un convoyeur grièvement blessé et un membre du commando décédé dans un accident lors de la fuite. L’opération criminelle tourne au cauchemar pour toutes les parties impliquées.
Le mode opératoire révèle une préméditation glaçante. Delattre profite d’une permission de sortie pour participer au braquage, avant de disparaître immédiatement direction l’Espagne.
Vingt-six années d’errance à travers la péninsule ibérique
Pendant plus de deux décennies, le fugitif reconstruit une existence précaire sur le sol espagnol. Il enchaîne les petits boulots : travaux agricoles dans les champs, distribution de sandwichs ou encore emplois dans la restauration.
Face au président de la cour qui l’interroge sur sa vie clandestine, l’homme évoque une famille d’adoption en Espagne, sans lien de sang. Une vie parallèle construite dans l’ombre de sa condamnation.
Cette fuite lui vaut une condamnation par contumace à 20 ans de réclusion criminelle. Un verdict prononcé en son absence qui nécessite aujourd’hui un nouveau procès.
Une arrestation à quelques mois de la liberté définitive
C’est grâce à la ligne téléphonique d’un proche que les autorités parviennent à localiser Delattre. L’interpellation intervient quatre mois seulement avant la prescription des faits, un timing qui confine au suspense judiciaire.
Cette arrestation de dernière minute permet à la justice de maintenir les poursuites et d’organiser un nouveau procès aux assises de l’Hérault.
Des regrets affichés devant la cour
Lors de sa comparution, Dominique Delattre, aujourd’hui âgé de 65 ans, tente de se montrer sous un jour nouveau. Il exprime des regrets concernant sa longue cavale et manifeste le désir d’être libéré.
L’homme assure qu’il n’est « plus l’homme que l’on a connu ». Il met en avant 26 années de souffrances psychologiques endurées pendant sa fuite.
Ses requêtes sont simples mais essentielles à ses yeux : travailler et revoir sa famille. Un discours de rédemption qui ne convainc pas l’ensemble des acteurs judiciaires.
Un bras de fer judiciaire pour sa libération
Me Jean-Charles Teissedre, avocat de Delattre, plaide avec vigueur pour une libération sous contrôle judiciaire. La défense va même jusqu’à demander la nullité de la procédure.
Face à cette stratégie, l’avocate générale se montre inflexible. Elle s’oppose fermement à toute remise en liberté, invoquant des risques concrets de nouvelle fuite.
Le magistrat du parquet souligne l’historique du prévenu et sa capacité démontrée à échapper pendant des décennies aux autorités. Un précédent qui pèse lourd dans la balance judiciaire.
L’homme doit maintenant être rejugé pour l’attaque de 1997, un procès qui permettra de refermer définitivement ce chapitre vieux de plus d’un quart de siècle.

