Agressions sexuelles : dossier explosif rouvert contre le père du suspect de l’affaire Lyhanna
Dans le sillage de l’affaire Lyhanna qui a bouleversé l’opinion publique, une autre enquête refait surface. Le père du principal suspect se retrouve au cœur d’accusations graves portées par deux de ses petites-filles par alliance. Après des années de procédures judiciaires complexes, la justice décide de rouvrir un dossier classé.
Un septuagénaire au centre de plaintes pour inceste
J. Barella, âgé de 71 ans, fait l’objet d’une nouvelle enquête pour agressions sexuelles. Ce septuagénaire n’est autre que le père de l’homme mis en cause dans la disparition de la jeune Lyhanna, affaire qui avait défrayé la chronique.
Les accusations portées contre lui proviennent de deux jeunes femmes, demi-sœurs, qui l’accusent de violences sexuelles commises lorsqu’elles étaient mineures. Ces plaintes avaient initialement été écartées par la justice, avant que le parquet de Béziers ne décide de réexaminer l’une d’entre elles.
La première accusation remonte à 2013
Le 19 février 2013, une première plainte est déposée par P., alors âgée de 13 ans. La jeune fille accuse son grand-père par alliance de viols et attouchements répétés entre 2010 et 2013.
Des expertises contradictoires
L’enquête menée à l’époque révèle des conclusions divergentes. Le médecin légiste ne détecte aucune lésion traumatique lors de l’examen de la victime présumée. En revanche, l’expertise psychologique met en évidence des troubles compatibles avec des abus sexuels.
La majorité des membres de la famille prend la défense de J. Barella, contestant la parole de P. et minimisant ses accusations. Cette absence de soutien familial a pesé lourd dans le traitement du dossier.
Un non-lieu prononcé en 2021
Le 25 novembre 2020, J. Barella obtient le statut de témoin assisté, mesure intermédiaire dans la procédure pénale. Quelques mois plus tard, en 2021, un non-lieu est prononcé, mettant fin aux poursuites concernant cette première plainte.
Une seconde victime se manifeste en 2018
Cinq ans après la première dénonciation, M., la demi-sœur de P., dépose à son tour plainte en août 2018. Elle avait alors 12 ans au moment des faits présumés.
La jeune fille accuse également le septuagénaire d’attouchements qui se seraient déroulés à son domicile. Toutefois, en 2020, cette plainte fait l’objet d’un classement sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée.
Le parquet décide de rouvrir l’enquête
Après de nouvelles vérifications, le parquet de Béziers a pris la décision de réexaminer le dossier concernant M. Cette réouverture intervient plusieurs années après le classement initial, signe que des éléments nouveaux ou négligés justifient un nouvel examen.
Un soulagement pour la plaignante
Pour M., cette décision représente une lueur d’espoir après des années de frustration. Elle confie son sentiment : « J’avais dû me faire une raison et passer outre par manque de preuves, mais là je me dis que ça ne sera pas laissé à l’abandon. »
Cette réaction témoigne du poids que représente pour les victimes présumées le sentiment d’être abandonnées par l’institution judiciaire. La réouverture de l’enquête leur offre une nouvelle chance d’être entendues.
Quelle suite pour ces procédures ?
À ce stade, seule la plainte de M. bénéficie d’une réouverture d’enquête. Le dossier concernant P., qui avait abouti à un non-lieu en 2021, n’est pas réexaminé pour le moment.
Les nouvelles investigations devront déterminer si des éléments suffisants permettent de caractériser les infractions dénoncées et, le cas échéant, de renvoyer J. Barella devant la justice pénale.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de libération de la parole des victimes d’agressions sexuelles intrafamiliales, souvent confrontées au silence, au déni et à l’isolement au sein même de leur famille.

