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Agressions homophobes en Gironde : sept mineurs devant la justice en juillet

Une série d’attaques d’une violence inouïe a frappé le nord de la Gironde au mois de mars dernier. Des hommes, attirés dans des pièges via une application de rencontre, ont subi des passages à tabac filmés par leurs agresseurs. Une affaire glaçante qui met en lumière la persistance des violences homophobes, particulièrement chez les plus jeunes.

Un mode opératoire calculé et brutal

Les agresseurs n’ont rien laissé au hasard. Utilisant un faux profil sur l’application Grindr, ils attiraient leurs victimes dans des lieux isolés avant de passer à l’acte. Une fois sur place, ces dernières se retrouvaient face à des individus vêtus de noir, le visage partiellement masqué.

Les violences déployées ont atteint des degrés extrêmes. Coups de poing, coups de pied, mais aussi barre de fer et marteau brise-vitre ont été utilisés contre les victimes. Le tout sous l’œil d’une caméra, les assaillants filmant systématiquement leurs exactions.

Des victimes gravement traumatisées

La plus gravement touchée de ces dix victimes présente une incapacité totale de travail de 45 jours. Les agressions se sont déroulées dans plusieurs communes du secteur : Saint-Ciers-sur-Gironde, Bourg-sur-Gironde, Saint-Martin-Lacaussade et Blaye.

Ces hommes ont été ciblés uniquement en raison de leur orientation sexuelle, dans une succession d’embuscades minutieusement orchestrées. Chaque attaque témoigne d’une volonté délibérée de blesser et d’humilier.

Sept adolescents identifiés par les enquêteurs

La brigade de recherches de Blaye a mené l’enquête qui a permis d’identifier les auteurs. Il s’agit de sept mineurs, âgés de 14 à 17 ans seulement. Quatre d’entre eux ont été placés en garde à vue avant d’être relâchés, le temps que les investigations se poursuivent.

Les téléphones portables des suspects ont été exploités minutieusement. Cette analyse a permis non seulement de confirmer l’identité des agresseurs, mais aussi de retrouver l’ensemble des victimes, certaines n’ayant pas osé porter plainte initialement.

Un jugement attendu en juillet

Le tribunal pour enfants de Libourne examinera cette affaire le 10 juillet prochain. Les sept prévenus devront répondre de faits particulièrement graves devant la justice.

Ils sont poursuivis pour violences commises en réunion, avec les circonstances aggravantes de préméditation ou guet-apens. S’ajoute la qualification essentielle : des actes motivés par le sexe, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre des victimes.

Une violence LGBTphobe en hausse constante

Cette affaire s’inscrit dans un contexte national alarmant. En 2024, la France a enregistré une augmentation de 5 % des infractions anti-LGBT+, avec un total de 4 800 actes recensés.

Le détail de ces chiffres révèle une tendance encore plus préoccupante : 3 100 crimes ou délits ont été comptabilisés, soit une progression de 7 % en un an. Les contraventions, elles, atteignent 1 800, en hausse de 1 %.

Ces données officielles témoignent d’une libération inquiétante de la parole et des actes homophobes, touchant désormais des auteurs de plus en plus jeunes.

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