Agissements d’un père : l’enquête rouverte après le silence des victimes
Le silence peut parfois durer des années avant qu’une parole ne se libère. Dans le sud de la France, une affaire d’agressions sexuelles refait surface, ravivant les blessures d’une famille brisée. Deux sœurs, autrefois réduites au silence, voient aujourd’hui leur combat judiciaire reprendre vie.
Une procédure judiciaire relancée par le parquet de Béziers
Le parquet de Béziers a décidé de rouvrir l’enquête concernant les accusations portées par Maëva, aujourd’hui âgée de 20 ans. La jeune femme accuse le père de Jérôme Barella d’attouchements sexuels commis en 2018, alors qu’elle n’avait que 12 ans.
La plainte initialement déposée avait été classée sans suite en 2020. Cette décision avait alors provoqué l’incompréhension de la famille. Le suspect est poursuivi pour « agression sexuelle sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité ».
Un premier signalement dès 2013
L’affaire ne concerne pas uniquement Maëva. Sa sœur aînée, Prescyllia, avait déjà déposé plainte en 2013 pour viols et agressions sexuelles. Cette procédure s’était soldée par un non-lieu en 2021, laissant la famille dans une profonde détresse.
Le témoignage bouleversant d’une mère meurtrie
Bérengère Sinègre, la mère des deux jeunes femmes, s’est exprimée sur BFMTV suite à cette relance judiciaire. Son témoignage révèle l’ampleur du traumatisme vécu par ses filles et l’isolement qu’elles ont subi.
Elle espère que « Maëva va porter la voix de sa sœur », signifiant ainsi que cette nouvelle enquête pourrait réparer l’injustice ressentie après le non-lieu de 2021.
Une famille déchirée après les révélations
Les accusations ont provoqué une fracture familiale irréversible. Selon Bérengère Sinègre, la famille aurait rejeté les deux sœurs après leurs révélations, préférant protéger le mis en cause.
La mère affirme que ses filles ont été « saliées physiquement et moralement » et que tout le monde a protégé le suspect. Un rejet qui s’ajoute au traumatisme initial et complique leur reconstruction.
Les confidences de Maëva, un silence rompu
Maëva a expliqué avoir été agressée à l’âge de 12 ans chez sa grand-mère et son compagnon, J. Barella. Elle a gardé le silence pendant plusieurs années, incapable de verbaliser ce qu’elle avait subi.
Ce n’est qu’après avoir rencontré des difficultés scolaires qu’elle s’est confiée à un professeur. Cette parole libératrice a permis le dépôt de plainte en 2018.
Un soulagement malgré l’attente
La jeune femme se dit soulagée par la réouverture de l’enquête. Elle espère enfin être crue et obtenir la justice qu’elle réclame depuis des années. Cette seconde chance judiciaire représente pour elle un espoir de reconnaissance.
L’espoir d’une justice enfin rendue
Bérengère Sinègre et ses filles placent désormais leurs espoirs dans cette nouvelle instruction. Elles souhaitent que leurs témoignages soient entendus et reconnus par la justice.
Cette affaire illustre les difficultés auxquelles font face les victimes d’agressions sexuelles dans leur parcours judiciaire. Entre classements sans suite, non-lieux et rejets familiaux, le chemin vers la reconnaissance reste semé d’embûches.

