Affaire de violences sur mineurs : un couple mosellan accusé de 26 sévices
Une affaire d’une ampleur glaçante secoue la Moselle. Pendant près de deux décennies, des dizaines d’enfants auraient subi des sévices au sein d’une même famille d’accueil. L’enquête révèle un système de violences qui aurait perduré dans l’ombre, touchant toute une génération de jeunes placés.
Deux décennies de violences présumées
Un couple originaire de Rohrbach-lès-Bitche, âgé de 71 et 69 ans, comparaît devant la justice pour des faits d’une gravité exceptionnelle. Ces deux septuagénaires ont été mis en examen le 21 août dans le cadre d’une affaire impliquant 26 victimes présumées.
Les accusations portent sur une période s’étendant de 1997 à 2016. Durant ces années, des enfants placés auraient été exposés à des violences et des agressions sexuelles répétées dans ce foyer d’accueil familial.
Des charges accablantes
L’homme fait face à des chefs d’accusation multiples : « viols », « agressions sexuelles », « tentatives de viols » et « corruption de mineurs ». Son épouse est poursuivie pour « non-dénonciation de mauvais traitements », laissant supposer qu’elle aurait eu connaissance des faits sans les signaler aux autorités.
Une affaire déclenchée par le courage d’une victime
C’est en 2022 que l’engrenage judiciaire s’est mis en marche. Une jeune femme devenue majeure a trouvé la force de porter plainte, libérant ainsi la parole d’autres victimes restées silencieuses pendant des années.
Le couple accueillait des enfants dans son cadre familial depuis le début des années 1990. Cette pratique, qui devait offrir un refuge à des mineurs en difficulté, s’est transformée en cauchemar pour les personnes concernées.
26 victimes identifiées
L’instruction a permis d’identifier 26 personnes se déclarant victimes : 14 garçons et 12 filles. Ces jeunes n’ont majoritairement pas vécu ensemble au sein du foyer, ayant été accueillis à différentes périodes sur près de vingt ans.
Cette chronologie explique pourquoi les faits sont restés longtemps ignorés : les victimes ne se connaissaient pas nécessairement entre elles, rendant plus difficile toute prise de conscience collective ou dénonciation groupée.
Une génération entière touchée
Olivier Glady, procureur de la République de Sarreguemines, a souligné l’ampleur dramatique de l’affaire : « C’est toute une génération de mineurs qui est concernée. »
Cette déclaration illustre la dimension systémique des violences présumées, qui auraient touché des enfants particulièrement vulnérables, placés sous la responsabilité d’adultes censés les protéger.
Un parcours judiciaire en cours
Après leur mise en examen, les deux septuagénaires ont d’abord été placés en détention provisoire. Toutefois, suite à un appel de leur défense, ils ont été libérés et placés sous contrôle judiciaire, mesure leur imposant certaines obligations et restrictions.
L’instruction de cette affaire complexe est désormais entre les mains d’un juge du tribunal de Sarreguemines. Les investigations se poursuivent pour établir précisément les responsabilités et la chronologie des faits reprochés sur cette longue période.

