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À Marseille, une jeune détenue devient cheffe redoutée du crime organisé

Le crime organisé n’est plus une affaire exclusivement masculine. Les réseaux de narcotrafiquants recrutent désormais des femmes pour occuper des postes stratégiques, bouleversant les codes traditionnels du milieu. Une évolution qui s’accélère grâce aux nouvelles technologies et aux plateformes numériques.

Portrait d’une dirigeante carcérale

Derrière les murs de la maison d’arrêt des Beaumettes à Marseille, Alyssia S. continue de faire parler d’elle. Cette jeune femme de 26 ans vient de donner naissance à son troisième enfant en détention, une situation qui n’entame en rien sa notoriété dans le monde criminel.

Son parcours impressionne autant qu’il inquiète les enquêteurs. Ancien cadre de la DZ Mafia, elle attend d’être jugée dans quatre dossiers distincts : trois affaires de meurtres et une tentative d’homicide. Un bilan glaçant pour une femme si jeune.

Une responsabilité étendue sur plusieurs continents

Les accusations qui pèsent contre elle dépassent les frontières nationales. Alyssia S. est notamment mise en examen pour un double assassinat commis à Salou, en Espagne. Au total, cinq victimes sont recensées dans les différentes affaires la concernant.

Mais c’est son rôle organisationnel qui interpelle le plus les autorités. Qualifiée de « cheffe intraitable et fière de l’être », elle aurait assuré la gestion temporaire du réseau du Castellas, un point de deal stratégique dans la cité phocéenne.

Une main de fer sur les opérations

Son influence s’étendait bien au-delà de la simple supervision. Elle contrôlait les commandes de stupéfiants, encadrait les équipes sur le terrain et coordonnait les livraisons pour le compte d’Amine Oualane, figure de proue de la DZ Mafia.

Les investigations révèlent même qu’elle aurait participé à une opération punitive. Selon les éléments du dossier, elle aurait personnellement sélectionné les exécutants et dirigé leur mission meurtrière.

Le recrutement numérique, nouveau vivier du crime organisé

Le cas d’Alyssia S. illustre une tendance de fond : l’essor du recrutement féminin en ligne par les organisations criminelles. Les réseaux sociaux et applications cryptées facilitent le contact et l’intégration de nouvelles recrues.

Cette évolution marque un tournant dans la structure des groupes mafieux. Les femmes accèdent désormais à des fonctions décisionnelles, brisant le plafond de verre qui caractérisait historiquement ces milieux ultraviolents.

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