100 000 euros réclamés à l’État après une détention arbitraire fondée sur un vide juridique
Un fait divers hors norme vient de se conclure devant le tribunal correctionnel de Chartres. Un quinquagénaire, diplômé d’une grande école de commerce, a été totalement innocenté après avoir été injustement poursuivi pour une infraction qui n’existe même pas dans le droit français. Quatre mois de détention, des violences subies en prison, et un cauchemar judiciaire qui aurait pu être évité.
Une visite à l’EHPAD qui tourne au drame
Le 23 janvier 2026, Cédric se rend comme à son habitude à l’EHPAD Hôtel-Dieu où séjourne son père, atteint de la maladie de Parkinson. Ce cadre supérieur de 52 ans, ancien attaché commercial et diplomate, assure un suivi régulier de son parent.
En arrivant dans la chambre, il découvre son père dans un état qui le choque : celui-ci est attaché. Inquiet pour son bien-être, il décide d’arrêter la pompe à morphine. Un geste de protection filiale que le personnel médical va interpréter de façon radicalement différente.
Deux jours plus tard, Cédric est interpellé. Les autorités l’accusent de tentative d’empoisonnement sur la personne de son père.
De la garde à vue à l’incarcération : un parcours douloureux
Le quinquagénaire subit une garde à vue de 48 heures avant d’être transféré à la maison d’arrêt d’Orléans-Saran. Commence alors une période d’incarcération marquée par de multiples souffrances.
Derrière les barreaux, Cédric, diplômé de l’ESSEC, fait face à la violence carcérale. Il manque cruellement de suivi médical et subit une crise d’épilepsie ainsi qu’une double fracture au tibia.
Placé en isolement cellulaire, il n’a qu’un accès restreint à son dossier légal. Une situation qui complique considérablement la préparation de sa défense.
Un vice de procédure fatal à l’accusation
Grâce à ses anciens confrères de l’ESSEC, Cédric bénéficie des services d’un nouvel avocat déterminé à prouver son innocence. La stratégie de défense repose sur un argument juridique implacable.
L’infraction de tentative d’administration de substances nuisibles n’existe tout simplement pas dans le droit pénal français. L’accusation repose donc sur un fondement juridique inexistant.
Lors d’une audience tendue qui s’étire sur plus de cinq heures le 24 avril, le tribunal correctionnel de Chartres prononce la relaxe totale de Cédric.
Une quête de justice et de réparation
La liberté retrouvée, l’homme ne compte pas en rester là. Son avocat prépare activement un recours en responsabilité contre l’État pour détention arbitraire.
La réclamation minimale s’élève à 100 000 euros, une somme destinée à compenser les souffrances physiques et psychologiques endurées pendant ces quatre mois d’emprisonnement injustifié.
Me Basson-Larbi, son défenseur, souligne l’esprit collectif qui a permis cette victoire : « C’est un travail d’équipe de mon cabinet. »
L’avocat insiste également sur la dimension symbolique de ce combat judiciaire : « La liberté n’a pas de prix », déclare-t-il, tout en réclamant une réparation complète pour son client.

