1 749 appels depuis sa cellule : 6 ans de prison ferme pour avoir harcelé son ex-compagne
Le calvaire d’une femme traquée sans relâche par son ancien compagnon illustre les limites du système judiciaire face au harcèlement obsessionnel. Malgré l’incarcération de son harceleur, les menaces de mort n’ont jamais cessé, plongeant la victime dans une spirale de peur permanente.
Un harcèlement orchestré depuis sa cellule
Yamina, prénom modifié pour protéger son identité, subit depuis 2024 un harcèlement implacable orchestré par Toufik, son ex-compagnon. Bien qu’incarcéré et déjà condamné pour des faits similaires, ce dernier n’a jamais cessé de la terroriser.
Les chiffres donnent le vertige : 1 749 appels passés depuis la prison, accompagnés de multiples menaces de mort. « Je vais te déchirer. Tu vas y passer avant ma sortie de prison… T’es morte. J’arrive bientôt », martèle-t-il dans ses messages.
Une fuite impossible malgré plusieurs déménagements
Face à cette persécution, Yamina tente de disparaître. Elle déménage à plusieurs reprises, espérant échapper à l’emprise de son ancien compagnon. Mais chaque fois, ses efforts restent vains.
Des intermédiaires envoyés par Toufik parviennent systématiquement à retrouver sa trace et à découvrir sa nouvelle adresse. La traque se poursuit inexorablement, transformant la vie de la victime en cauchemar permanent.
La complice : une nouvelle compagne impliquée dans les violences
L’affaire prend une tournure encore plus sombre avec l’implication de Dounia, la nouvelle compagne de Toufik. Cette dernière devient un instrument du harcèlement exercé contre Yamina.
Lors d’une rencontre en public, Dounia passe à l’acte et agresse physiquement Yamina. Cette attaque marque un tournant dans l’escalade de la violence orchestrée depuis la cellule de prison.
Une justice sévère mais tardive
Au tribunal, Toufik fait face à de lourdes accusations : complicité de violence aggravée, harcèlement et menaces réitérées de crime. La procureure Zinev Boukir requiert 7 ans de prison compte tenu de l’extrême gravité des faits.
La condamnation finalement prononcée s’élève à 6 ans de prison, assortie du retrait total de l’autorité parentale. Une sanction rare qui témoigne de la dangerosité reconnue du prévenu.
Des justifications qui aggravent le dossier
À la barre, Toufik nie avoir envoyé des personnes dans le but de nuire à son ex-compagne. Il tente de minimiser ses menaces en les justifiant par un simple mouvement de colère.
Ces explications ne convainquent personne. Me Laura Fabre, l’avocate de la victime, rappelle le calvaire enduré par sa cliente depuis 2015, soit près de dix ans de persécution.
La complice condamnée
Dounia, poursuivie pour violences aggravées et complicité de harcèlement, écope d’une peine d’1 an de prison avec sursis. Le tribunal lui interdit également tout contact avec Yamina.
Une vie brisée par la peur constante
Malgré les décisions de justice, Yamina continue de vivre dans la terreur. Les mesures juridiques n’ont pas suffi à la protéger de l’obsession destructrice de son ex-compagnon.
Ses trois enfants subissent également les conséquences de cette situation. La famille entière reste prisonnière d’une menace qui semble ne jamais devoir prendre fin, même derrière les barreaux.

