Un guet-apens contre des antifascistes préparé par des groupes d’extrême droite à Lyon
Une enquête révèle les dessous d’une opération troublante orchestrée dans la capitale des Gaules. Des échanges internes dévoilent comment deux mouvances radicales ont planifié une embuscade visant des militants de gauche, utilisant des femmes comme appâts lors d’une action sur un campus universitaire.
Une alliance inquiétante entre deux organisations radicales
Le collectif fémonationaliste Némésis et le groupuscule néonazi Audace Lyon ont noué une collaboration pour piéger des militants antifascistes dans la métropole lyonnaise. Cette coordination entre deux entités de l’extrême droite française illustre une volonté de mener des actions violentes contre leurs opposants politiques.
L’objectif initial consistait à organiser une distribution de tracts sur le campus Carnot de l’Ucly. Mais derrière cette apparence banale se cachait un plan bien plus sombre.
Des militantes instrumentalisées comme leurres
Les échanges sur la messagerie cryptée Telegram révèlent la mécanique de ce piège. Une responsable de Némésis signale que des militants de gauche ont été informés de leur présence prévue sur le campus. Loin de renoncer, cette alerte devient le prétexte à une escalade.
Calixte Guy, à la tête d’Audace Lyon, saisit immédiatement l’opportunité : « On monte une équipe sur place pour choper les gauches ». Le dirigeant néonazi prévoyait de mobiliser huit à dix hommes déterminés à intervenir physiquement.
L’acceptation d’un rôle dangereux
Face aux risques pour la sécurité de ses membres féminins, une cadre de Némésis exprime ses doutes. Pourtant, elle finit par accepter que les militantes servent « un peu pour faire l’appât », validant ainsi leur instrumentalisation dans cette opération violente.
Le plan consistait à ce que ces femmes attirent les antifascistes, pendant qu’un groupe d’hommes se tenait prêt à « tout casser » en cas de confrontation.
Un repli tactique et des poursuites judiciaires
L’action ambitieuse s’est finalement transformée en simple « stickage », une opération de collage d’autocollants. Cette réduction d’ampleur n’a toutefois pas empêché les conséquences judiciaires de s’abattre sur les organisateurs.
Calixte Guy a été mis en examen pour violences et possession d’armes, marquant une étape judiciaire significative dans le démantèlement de ces réseaux radicaux. Ces charges témoignent du sérieux avec lequel les autorités considèrent les activités de ces groupuscules.
Une demande de dissolution politique
La révélation de ces faits dans les colonnes de L’Humanité a provoqué une réaction politique immédiate. Manuel Bompard a réclamé la dissolution du collectif Némésis, estimant que ces pratiques dépassaient les limites acceptables de l’expression politique.
Cette affaire met en lumière les méthodes violentes employées par certaines organisations d’extrême droite et soulève des questions sur la surveillance de ces mouvances radicales sur le territoire français.

