Trois jours au sol sans aide : ce mari condamné pour avoir laissé mourir sa femme
Dans une affaire qui interroge les limites de l’obligation d’assistance, la justice espagnole vient de confirmer une lourde condamnation. Un mari a été reconnu coupable d’avoir abandonné sa femme gravement malade pendant trois jours, entraînant son décès. En effet, le Tribunal suprême a tranché : l’épuisement du proche aidant ne justifie jamais l’inaction face à une urgence vitale.
Trois jours d’agonie sur le sol du domicile
Le drame s’est noué le 1er décembre 2022 dans l’appartement du couple à Madrid. María Juana Q., 67 ans, a chuté lourdement. Son mari, Rogelio Ovejero, n’a pas appelé les secours. Aussitôt, la situation a basculé dans l’indicible.
Une pathologie lourde ignorée par le conjoint
La victime souffrait de sclérose en plaques depuis 2010. Cette maladie dégénérative l’avait rendue totalement dépendante pour les gestes du quotidien. Cependant, son état était aggravé par une obésité et une insuffisance respiratoire sévère.
L’autopsie a révélé des détails accablants :
- Cause du décès : Une pneumonie ayant entraîné une insuffisance respiratoire aiguë.
- Négligence fatale : Le mari ne lui a pas administré son oxygénothérapie indispensable.
- Pronostic : Selon les experts, le décès était « très probablement » évitable si les secours avaient été alertés dès la chute.
La défense invoque le « burn-out » de l’aidant
Pour tenter d’échapper à la prison, Rogelio Ovejero a plaidé l’épuisement total. Par conséquent, ses avocats ont mis en avant dix années de soins constants sans soutien de la famille ou des services sociaux. Ils affirmaient que son discernement était altéré par une détresse psychologique profonde.
Toutefois, le Tribunal suprême a balayé cet argument. Les juges estiment que la fatigue, aussi réelle soit-elle, ne dispense pas de l’obligation légale et morale de porter secours à une personne en péril.
En conclusion, Rogelio Ovejero a été condamné à six ans et demi de réclusion. Désormais, cette jurisprudence rappelle que le statut de proche aidant ne confère aucun droit à l’inaction face à la souffrance. Désormais, la justice espagnole place la protection de la vie humaine au-dessus des difficultés personnelles liées à l’accompagnement de la maladie

