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Scandale au ministère de la Culture : il droguait 200 femmes pour les voir uriner lors des entretiens RH

Une affaire de perversion sexuelle sans précédent secoue les couloirs du ministère de la Culture. Pendant près d’une décennie, un haut fonctionnaire aurait systématiquement piégé des candidates lors d’entretiens professionnels, transformant ces rencontres en scènes d’humiliation. Ce dossier d’une ampleur exceptionnelle peine à trouver son chemin dans les méandres de la justice.

Un fichier glaçant baptisé « Expériences »

L’enquête a mis au jour des éléments accablants contre Christian Nègre, ancien directeur des ressources humaines au ministère de la Culture. Sur son ordinateur, les enquêteurs ont découvert un document Excel particulièrement troublant, intitulé « Expériences », où près de 200 victimes étaient méticuleusement répertoriées.

Entre 2009 et 2018, cet homme aurait administré des diurétiques à l’insu de femmes venues pour des entretiens professionnels. Son objectif? Les contraindre à uriner devant lui ou les photographier dans cette situation dégradante.

Un mode opératoire rodé pendant des années

La méthode employée par l’ancien DRH relevait d’un calcul aussi simple que pervers. Lors des rendez-vous professionnels, il proposait systématiquement une boisson chaude – thé ou café – dans laquelle il glissait discrètement des substances diurétiques.

Les effets ne tardaient pas à se manifester, plaçant les victimes dans une situation d’urgence physique extrêmement inconfortable. Profitant de sa position d’autorité, il parvenait alors à les pousser à uriner en sa présence ou à les prendre en photo.

Une procédure judiciaire qui s’éternise

Mis en examen en 2019 pour « administration de substance nuisible », « agression sexuelle par personne abusant de l’autorité conférée par sa fonction » et « atteinte à l’intimité de la vie privée », Christian Nègre attend toujours son procès.

Pour les victimes, cette lenteur est vécue comme une forme d’injustice supplémentaire. Hiyam, l’une des femmes piégées, ne cache pas son amertume : « Je suis écœurée par l’action de la justice. Il y a un vrai sentiment d’impunité. »

Les obstacles à un traitement rapide de l’affaire

Le nombre exceptionnellement élevé de victimes complique considérablement le traitement judiciaire du dossier. La justice française, déjà engorgée, donne priorité aux affaires impliquant des personnes incarcérées, reléguant ce type de dossier au second plan malgré sa gravité.

La Fondation des Femmes a dénoncé cette situation, pointant du doigt l’incapacité du système judiciaire à traiter efficacement une affaire d’une telle ampleur. Plus inquiétant encore, l’organisation affirme que l’agresseur présumé continuerait d’exercer dans le secteur des ressources humaines.

Des indemnisations en attendant un procès

Face à la lenteur de la procédure pénale, certaines victimes se sont tournées vers la justice administrative. En 2023, une ancienne candidate a obtenu 12 000 euros de réparation, la justice reconnaissant ainsi la responsabilité de l’État dans ces événements.

Une réunion d’information pour l’ensemble des parties civiles est prévue début 2026, soit sept ans après la mise en examen, pour faire le point sur l’avancée d’un dossier qui semble s’enliser dans les méandres administratifs.

Pour les victimes comme pour les associations qui les soutiennent, cette affaire illustre les défaillances d’un système judiciaire débordé, incapable de répondre efficacement à des cas complexes impliquant de nombreuses personnes.

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