Dans ce cinéma, les spectateurs regardent les films en tricotant !
Il est parfois difficile d’imaginer que le tricot puisse se mêler à l’art cinématographique, mais à Vienne, une initiative originale a vu le jour : le « tricot-ciné ». C’est au cœur de la capitale autrichienne, au sein du Votiv Kino, une salle d’art et d’essai, que cette tendance insolite se manifeste. Combinant passion pour le cinéma et amour du tricot, cette expérience unique attire des centaines d’aficionados en quête de détente et d’évasion. Cet événement mensuel devient un moment de convivialité où l’on partage bien plus qu’un film : on échange des sourires, des conseils, et surtout, on crée.
« Maintenant, on a besoin de se retrouver »
Dès les premiers rangs, on remarque les aiguilles qui s’agitent au rythme des dialogues des films projetés. Des dizaines de cinéphiles, munis de leur fil et de leurs aiguilles, s’adonnent à leur hobby tout en profitant du septième art. Ce concept a pris de l’ampleur en Europe, surtout depuis que le confinement a incité de nombreuses personnes à ressortir leurs aiguilles à tricoter. « Pas mal de monde s’est mis à tricoter lors du confinement tout seul à la maison », confie Luisa Palmer, l’instigatrice des soirées tricot au Votiv Kino. « Maintenant, on a besoin de se retrouver ».
Une lumière tamisée qui facilite le tricot
Dans cette quête de renouveau et pour concurrencer les plateformes de streaming, les cinémas cherchent à offrir des expériences diversifiées à leur public. Lisa Stolze, porte-parole du Votiv Kino, évoque les tentatives du secteur pour attirer un public à la recherche de nouveaux modes de consommation culturelle. Ainsi, avec une lumière tamisée qui facilite le tricot sans gêner la projection, le Votiv Kino a su créer un environnement où le partage et la créativité prennent le devant de la scène.
Cette initiative met en lumière la recherche de sens et le désir de réalisation personnelle qui anime chaque participant. « Faire quelque chose de ses dix doigts, c’est quand même plus gratifiant » que de rester penché sur son ordinateur toute la journée, conclut Luisa Palmer. Quant au choix des films, il se porte sur des œuvres légères et déjà connues, qui permettent de garder le fil de son ouvrage sans perdre le fil de l’histoire.