300 000 € saisis : le business occulte d’une guérisseuse qui brisait des familles
Dans la région de Strasbourg et du Rhône, une affaire d’emprise psychologique majeure vient de franchir un cap judiciaire. Une femme se présentant comme une guérisseuse aux capacités surnaturelles est aujourd’hui poursuivie pour manipulation mentale. En effet, Aurélia Aymé, qui se prétendait « maître en méditation », est accusée d’avoir exploité financièrement ses victimes.
Un système d’emprise aux allures de secte
Ses prétentions à être une « capteuse de lumière » ont été qualifiées d’affabulations par le parquet de Strasbourg. Aussitôt, la mise en examen a été prononcée pour des motifs graves : abus de faiblesse, travail dissimulé et blanchiment d’argent.
L’enquête, débutée en 2017, a révélé un mécanisme de manipulation sophistiqué. Les victimes découvraient la thérapeute via son site internet avant de tomber sous sa coupe. Ainsi, une fois le contact établi, Aurélia Aymé s’immisçait dans leur intimité pour mieux les isoler de leur entourage familial.
Esclavage moderne et cadeaux forcés
Les personnes sous emprise ne se contentaient pas de payer des consultations coûteuses en visioconférence. Toutefois, la dérive allait bien plus loin :
- Travaux forcés : Les victimes effectuaient les tâches ménagères au domicile de la gourou.
- Cadeaux somptueux : Elles devaient régulièrement offrir des présents pour « nourrir » le système.
- Isolement total : La rupture avec les proches était une condition sine qua non pour rester dans le cercle de la « lumière ».
300 000 euros saisis sur les comptes du couple
L’ampleur de l’enrichissement suspect a stupéfié les enquêteurs. Par conséquent, une saisie conservatoire de 300 000 euros a été effectuée sur les comptes bancaires d’Aurélia Aymé et de son époux. Désormais, la justice cherche à retracer l’intégralité des flux financiers générés par ces activités illégales.
Le mari, infirmier de profession, est également mis en examen. Cependant, sa profession soulève des questions sur la crédibilité qu’il apportait au dispositif. Il a désormais interdiction de pratiquer des « soins énergétiques » ou de contacter les victimes.
La fermeté du parquet de Strasbourg
Clarisse Taron, procureure de la République, a insisté sur la vulnérabilité des proies choisies par la prévenue. En conclusion, cette affaire illustre la vigilance accrue des autorités face aux pratiques thérapeutiques non conventionnelles. Désormais, les victimes attendent que la justice reconnaisse officiellement le préjudice psychologique et financier subi pendant des années.

